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POSE de la PLAQUE COMMEMORATIVE pour Daniel VORMS

Discours prononcé par Monsieur J.P.Vidit, Président du Cercle Lyrique de Metz,
à l’occasion de la pose de la plaque commémorative

Mesdames, Messieurs

Chers amis Membres du Cercle Lyrique

Chère Christiane

Cher Pierre-Olivier et Chère Anne-Bénédicte.

Tout d’abord un grand merci de vous être déplacés si nombreux pour assister à cette cérémonie et rendre un hommage chaleureux à Daniel Vorms,
le Président fondateur du Cercle Lyrique de Metz, qui, avec quelques passionnés d’art lyrique a fondé fin 1979 le Cercle Lyrique de Metz. L’objectif
était de promouvoir l’art lyrique sous toutes ses formes, de soutenir l’opéra-théâtre puis les institutions culturelles qui, comme l’Arsenal, sont
venues enrichir l’offre lyrique de notre ville et de la région.

Hier je participais à une émission de télévision pour parler précisément des 40ans de notre Association. A côté de moi se trouvait Lilyane Beauquel
venue parler de son livre « L’année des nuages » paru chez Gallimard.

En l’écoutant, j’ai trouvé que son livre pouvait être, au-delà de ses qualités intrinsèques, une belle métaphore de cette aventure que fût le Cercle Lyrique.

Un jeune étudiant étranger vient à Montpellier pour faire ses études de médecine en laissant derrière lui Nora son grand amour.

Grand amour est un mot faible tant la passion dévore cet homme qui, pour lui donner un sens et peut-être un peu plus de concrétude, se met dans la tête
de construire une maison destinée à accueillir cette femme lorsque, pense-t-il en toute logique, elle viendra le rejoindre. Et, hors ces études de médecine,
toute son énergie est tendue vers la réalisation de ce but – construire une maison - au point de susciter quelques sourires entendus de ses congénères carabins.

N’est-ce pas précisément ce qui s’est passé pour le Cercle Lyrique avec d’un côté cette passion parfois dévorante pour l’opéra qui animait Daniel et ceux qui,
peu à peu, se sont groupés autour de lui et sont ici dans l’assistance. Daniel était capable de citer de mémoire la production de la Flûte enchantée en
l’année 1987 en citant à la fois le plateau vocal complet, le chef d’orchestre mais aussi le décorateur, le costumier…Cela m’a toujours impressionné et je crois
pouvoir dire que je ne suis pas le seul.

La passion donc…Mais, à l’image du héros de Lilyane Beauquel, il s’est agi aussi de construire une maison…symbolique bien sûr – Le Cercle Lyrique de Metz
– pour donner à cette passion un cadre – des statuts -, une ossature – le règlement intérieur-, un programme – celui de ses activités par ses conférences,
ses voyages, ses rencontres - et une direction que Daniel assumât à deux reprises. Il fût relayé par Patrick Thil qui mit sa belle culture et ses qualités relationnelles
au service de l’art lyrique avant de céder la place au regretté Georges Masson, figure emblématique de la vie musicale messine. J’ai, pour ma part, repris le
flambeau comme je m’y étais engagé auprès de lui peu avant qu’il ne nous quitte, pour poursuivre et pérenniser ce qu’il faut bien appeler une œuvre si
l’on met sous ce vocable la définition du dictionnaire : résultat sensible d'une action ou d'une série d'actions orientées vers une fin.

Cette plaque que le Conseil d’Administration a voulu et décidé à l’unanimité est là pour faire trace de cette œuvre et, au nom de notre Association,
je remercie le Président Bohl ainsi que les autorités et les personnels de l’Opéra-Théâtre d’avoir accepté et facilité notre démarche en ce lieu près
de la scène dont Daniel était si admiratif.

Je propose donc, en accord avec Christiane Vorms, que Pierre-Olivier, son fils, dévoile cette plaque puis nous écouterons la version symphonique d’un air
extrait des Pêcheurs de Perles de G.Bizet interprété par Joshua Bell que vous reconnaitrez tous.

Nous nous rendrons ensuite dans le péristyle pour entendre un certain nombre d’hommages qui seront rendus à Daniel.

Nous terminerons après ces hommages par un autre extrait d’un opéra qu’il affectionnait : Turandot de G.Puccini.

                                   Jean-Pierre Vidit

                        Président du Cercle Lyrique de Metz

La disparition de Georges Masson

Georges Masson, président d'honneur du CLM, nous a quittés.

Nous apprenons avec émotion et tristesse la disparition, à l’âge de 88 ans, de notre ami et Président d’honneur du Cercle Lyrique de Metz, Georges Masson en ce mois d’octobre 2018.

Georges Masson était, à tous égards, la « mémoire musicale de Metz ». Entré au Républicain Lorrain en 1950, successivement responsable de la rédaction de nuit puis directeur des agences, il avait acquis très tôt une grande notoriété par ses nombreux articles consacrés à la vie culturelle, plus de 12 000 en un demi-siècle, dont environ 6 000 comptes rendus de concerts et de représentations lyriques. Sa passion pour le théâtre et sa pratique du violon, apprise en partie au Conservatoire de Sarrebruck, le prédisposait à devenir un des meilleurs critiques musicaux de l’ensemble de l’hexagone. Il avait ainsi couvert, au fil des années, pour notre quotidien régional, des événements aussi considérables que la venue à Metz de Charles Munch et de l’Orchestre symphonique de Boston, à l’Hôtel des Mines de l’Avenue Foch, en 1952. Ce concert l’avait particulièrement marqué, il en parlait souvent à l’auteur de ces lignes.

La production « centenaire » de Pelléas et Mélisande, à l’Opéra-Théâtre dans les décors de Jean Cocteau, en 1962, les Journées de Musique contemporaine organisées à Metz dans les années 1970, constituent d’autres jalons importants dans la carrière de critique de Georges Masson qui avait eu, alors, l’opportunité d’interviewer Darius Milhaud lui-même. De même, toujours au cours de ces mêmes années 60-70, paraissaient régulièrement les recensions des prestigieux concerts de l’ALAM qui, sous l’égide de son président, le Pasteur Griesbeck, recevait alors des artistes aussi prestigieux que David Oïstrakh, Sviatoslav Richter, Arthur Rubinstein, Gyorgy Cziffra, Yehudi Menuhin, Carlo-Maria Giulini avec l’Orchestre de Paris, pour ne citer que quelques exemples.

Georges Masson suivit de près la création du Philharmonique de Lorraine, devenu en 2003 l’Orchestre National de Lorraine, sous les directions successives de Michel Tabachnik, Emmanuel Krivine, Jacques Houtmann, Jacques Lacombe, Jacques Mercier. Il fut naturellement présent à l’inauguration de l’Arsenal en présence de Rostropovitch, en février 1989. Il devait fonder en 2000 l’Orchestre de Chambre de Metz. Il présida notre Cercle Lyrique de 2008 à 2013 et fut, avec notre ami et président actuel, Jean-Pierre Vidit, la cheville ouvrière du colloque de son 30ème anniversaire, en novembre 2009, organisé autour de la thématique: Opéra des passions, Passion de l’opéra. En mars 2013, un second colloque était consacré au « lyrique léger » : opérettes, comédies musicales, zarzuelas…

Georges Masson sur la scène de l'Opéra-Théâtre de Metz-Métropole lors du colloque du 30ème anivesaire du CLM

D’une facilité de plume déconcertante, Georges Masson fut autant un musicologue distingué qu’un grand critique. Il s’intéressa en priorité aux deux comteurs nés à Metz, Ambroise Thomas et Gabriel Pierné, auxquels il consacra deux ouvrages de référence. Il suivit de près la résurrection, à l’Opéra-Théâtre, de deux œuvres oubliées d’Ambroise Thomas, Le Caïd puis Françoise de Rimini. A cette dernière occasion, en 2011, année du 200ème anniversaire de la naissance du compositeur, il fit venir dans notre ville son arrière-petit-neveu, le Professeur Pierre Ambroise-Thomas, membre de l’Académie de médecine. Le dimanche 19 novembre 2011, en présence de ce dernier, le foyer de l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole était ainsi rebaptisé « Foyer Ambroise Thomas ». 

En 2002, alors que l’on célébrait les 250 ans de ce même théâtre, le plus ancien de France construit en pierre, Georges Masson lui consacra un ouvrage de référence, réalisé avec le concours du CLM. Enfin il n’hésita point à s’essayer à la fiction avec un court roman particulièrement émouvant : Le Poète disparu. Sa dernière publication en 2014, réalisée avec Richard Bance, est un très beau volume consacré à l’Arsenal pour célébrer « les noces d’argent » de cette exceptionnelle salle de concerts dont Metz peut s’enorgueillir.

Les activités multiples de Georges Masson n’ont pas manqué d’être justement gratifiées. Membre de l’Académie de Metz et de l’Ordre de Saint-Michel, Georges Masson s’était vu remettre en 2007, par Jean-Marie Rausch, Maire de Metz, les insignes de Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques. Enfin, en signe de reconnaissance, l’Opéra-Théâtre de Metz a donné, le 24 juin 2016, le nom de Georges Masson à une salle de répétition, à l’initiative de Paul-Emile Fourny, son directeur, et de Metz-Métropole. 

Une grande voix messine, toujours d’humeur égale et d’une parfaite courtoisie, s’est tue. Mais la « mémoire musicale de Metz » qu’incarnait si bien Georges Masson n’est pas près de s’éteindre.

        Jean-Pierre Pister

        Vice-président du CLM

La disparition de Monsieur Jean Battocchi, trésorier du CLM

Monsieur Jean Battocchi, passionné d’art lyrique et fin connaisseur de l’opéra italien, était aussi dans sa vie professionnelle un gestionnaire compétent
qui mit sa science comptable au service de notre association.

Il nous a quitté en 2016 et hommage lui fût rendu.

C’est accompagné de tous les Membres du Cercle Lyrique que je viens avec tristesse et émotion rendre hommage à Jean Battocchi et nous associer à la
peine de sa famille : de son épouse Janine et de ses enfants et petits-enfants.

Jean Battocchi et son épouse furent des membres de la toute première heure lorsque Daniel Vorms notre regretté Président- fondateur a créé avec quelques
passionnés d’opéra le Cercle Lyrique de Metz. Il a fait appel à lui en raison de ses compétences dans le domaine de la gestion et de la comptabilité.
Il en devint donc le grand argentier.

Cet hommage se situera donc d’abord à ce niveau car durant de longues années c’est à dire jusqu’à ma nomination à la Présidence du Cercle Lyrique de
Metz il a assuré la lourde tâche de la gestion des finances de notre association. Il a eu, dans ce domaine, beaucoup de courage et de patience et
passablement de travail car l’on sait que l’art et la gestion ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde et je l’entends encore nous rappeler
inlassablement que – je cite - « les cotisations devaient nous permettre de vivre « toute » l’année » en insistant pour la cigale que nous étions sur le « toute » !

Mais cet amour des chiffres et de la rigueur ne l’empêchait pas d’être un mélomane connaisseur et exigeant – pour ne pas dire très éxigeant - qui je crois
manifestait une préférence marquée et affichée pour l’opéra italien. Il savait dans le domaine de la voix distinguer le bon grain de l’ivraie ! Nous avons
fait tous ensembles de nombreux voyages qui nous portaient le plus souvent vers la péninsule : Vérone pour les Arènes, Pésaro pour Rossini, Milan pour la
Scala et Régio di Emilia pour un André Chénier que, pour ma part, je ne suis pas près d’oublier.

Et au cours des longues heures de voyage en car nous avions tout loisir de papoter sur les mérites de tel chanteur, sur la petite forme de tel cantatrice,
sur le crucifix de Tosca qui n’avait pas placé au bon endroit ou, pire, oublié…. Et il le faisait avec chaleur et simplicité mais aussi un humour quelques
fois décapant mais toujours respectueux.

Au revoir Jean et comme Bizet fait dire à Nadir dans les Pêcheurs de perles : nous croyons t’entendre encore.

Jean-Pierre Vidit
Président du Cercle Lyrique de Metz

  • Hommage à Monsieur Edmond Jobert qui fût, historiquement, le premier adhérent du Cercle Lyrique de Metz :
La disparition de Monsieur Edmond Jobert

1er Membre actif du Cercle Lyrique de Metz

Mesdames, Messieurs,

Le 29 mars dernier le Cercle Lyrique de Metz a souhaité les 40 ans de son existence en apposant une plaque à la mémoire de son Président Fondateur Monsieur Daniel Vorms auquel j’ai, après P.Thil et G.Masson, l’honneur de succéder. Cette plaque a été fixée au mur de la coursive de scène de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole au cours d’une cérémonie émouvante en présence de Madame Vorms et de ses enfants Pierre-Olivier et Anne-Bénédicte. A l’heure où tant d’association mettent, dans l’indifférence générale, la clé sous la porte, il semblait important à notre C. A de marquer cet anniversaire qui montre l’attachement des Membres à cette structure conviviale et culturelle.

J’avais à l’époque pris la liberté de contacter la fille de Monsieur Jobert, Françoise, pour associer son père à cette cérémonie en le représentant car, connaissant Monsieur Jobert, je savais que sa santé ne lui permettait plus d’être présent.

Mais pour comprendre cette démarche il faut faire un petit retour en arrière.

Il y avait à Nancy, où résidait Monsieur Jobert en raison de ses activités professionnelles, un Cercle Lyrique présidé par Monsieur Loustaunau qui fit en quelque sorte l’éducation musicale de Monsieur Jobert en lui prêtant des 33 tours d’opéras puisque lui-même se décrivait comme un « néophyte ne matière d’art lyrique ».

C’est au cours des obsèques du Président Loustaunau que fût évoquée la création d’un Cercle Lyrique à Metz et que le nom de Daniel Vorms fût évoqué. Après un refus, ce dernier accepta de constituer cette association.

Je cite les propos de Monsieur Jobert :

« Ne connaissant pas Daniel VORMS, je me suis présenté à lui pour le féliciter de sa nomination et pour le remercier d’avoir accepté de créer un Cercle Lyrique à Metz, ce qui n’était pas une tâche facile. Je lui ai fait part de mon très proche déménagement de Nancy à Metz et de mon désir d’adhérer à ce Cercle en gestation.

Et voilà, comment je suis devenu, sur le parvis d’une église, le premier membre du Cercle Lyrique de Metz ».

Vous comprenez mieux alors la raison de ma présence ici. Elle est de rendre hommage à Monsieur Jobert qui fût un membre fidèle et éclairé du Cercle Lyrique de Metz. Il participa à de nombreux déplacements et manifestations et, dans les cinq dernières années, je passais régulièrement le prendre à son domicile Rue de la Haye pour aller avec d’autres Membres qui à Nancy ou Luxembourg, qui aux retransmissions de l’Opéra de Paris ou du Metropolitan Opéra de New-York. Il avait acquis une grande culture et une belle connaissance de l’opéra même s’il avait la dent parfois très dure devant les mises en scènes modernes qui ne respectaient pas les didascalies c’est-à-dire les indications scéniques du compositeur et du librettiste. Et j’ai souvenir de discussions animées dans le car qui nous ramenait vers Metz…

Je voudrais terminer par l’évocation d’un souvenir plus personnel et plus émouvant.

Nous allions à Liège, à l’Opéra Royal de Wallonie qu’il affectionnait particulièrement et avec raison. Nous avions déjeuné ensembles au théâtre avec d’autres Membres du Cercle. Soudain au tout début de la représentation avant que le rideau ne s’ouvre sur la Manon d’Auber avec Sumi-Jo que mettait en scène Paul Emile Fourny notre actuel Directeur artistique, il me fit part de son désarroi d’avoir perdu sa sacoche.

Je lui dis bravement que ce n’était pas grave et que peut-être tout d’un coup, s’il ne faisait pas d’effort, il allait se souvenir de l’endroit, conscient malgré tout que cet incident allait gâcher son spectacle.

Et à l’entracte alors que nous avions une sympathique réunion avec P.E.Fourny qui, Membre du Cercle Lyrique de Metz, venait saluer les Membres, il me dit qu’il l’avait oublié au restaurant du théâtre dans lequel nous nous trouvions pour le pot avec Paul-Emile. On avait retrouvé la sacoche mais, moi, j’avais compris toute la peine que cet homme vivait et éprouvait non pas à la perte de sa sacoche mais face à l’oubli irrépressible contre lequel il luttait avec courage. C’est cette image que je garderais de lui.

Je vous remercie de votre attention et présente au nom du Cercle Lyrique de Metz nos sincères condoléances à sa famille.

Jean-Pierre Vidit

Président du Cercle Lyrique de Metz

La disparition de Madame Jo Meckler 

C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse qu’en ma qualité de Président du Cercle Lyrique de Metz entouré du Président d’honneur P.Thil, des Membres du Bureau et du Conseil d’Administration ainsi que de tous les Membres de notre Cercle nous nous associons à la peine de David Meckler, son mari, de sa fille et de son gendre ainsi que de ses petits enfants pour rendre hommage à Jo Meckler.

Elle fût un membre très actif de notre association dès ses débuts il y a plus de trente ans et participait tant aux déplacements qui nous emmenait dans toute l’Europe qu’aux réunions conviviales que le Cercle organisait alors autour de son Président fondateur D.Vorms.

C’est effectivement un des dernier souvenir que je partagerais avec elle. Lors de notre dîner spectacle « Un soir chez Mozart » en Novembre dernier, elle me téléphona le lendemain pour me remercier de cette organisation et me dire tout le palisir qu’elle avait eu de se retrouver dans cette atmosphère chaleureuse et conviviale qui est, je crois, la marque de nos réunions. Elle avait apprécié le quatuor qui égrénait les œuvres , les chanteurs qui entonnaient les airs célèbres des opéras et surtout le comédien qui nous avait joué la vie de Mozart à partir de ses lettres.

Si l’on me permet de m’exprimer maintenant d’une façon plus personnelle - car Jo était avant tout une amie – je garde au creux du cœur le souvenir d’un voayge aux arênes de Vérone ou logé dans la station thermale d’Abano dans un hotel fellinien où le temps semblait s’être figé nous prenions d’interminables petits déjeuners en riant de nos vies, de nos souvenirs, des spectacles magnifiques que nous avions vus et de ceux qui malheureusement tournaient au ridicule ou au désastre.

 Si elle pouvait être une lyricophile exigeante et connaisseuse quelque fois sans pitié pour la médiocrité je garderai d’elle le souvenir d’une personne qui était toujours du côté de la vie, de l’empathie vis à vis des autres en même temps que dotée d’un humour qui l’amenait toujours à garder l’élégance qui lui faisait tourner en humour ce qui aurait pu être difficile. En cela elle se rapprochait vraisemblablemeng d’Yves Saint Laurent dont elle fût une grande admiratrice, une ferventes supporter et, je crois aussi, une amie.

Sois assurée, Chère Jo, de notre sincère affection et de notre fidèle mémoire toi qui maintenant peut dialoguer tranquillement avec Gounod, Verdi ou Wagner……….ou Saint Laurent.

                                                                                   Jean-Pierre Vidit

                                                                       Président du Cercle Lyrique de Metz


La diparition de Monsieur Daniel Vorms
FONDATEUR ET PRÉSIDENT D’HONNEUR DU CERCLE LYRIQUE DE METZ

Le Cercle Lyrique de Metz est en deuil :

son fondateur et président d’honneur Daniel Vorms est décédé au matin du mercredi 13 mars 2013, à la suite d’une longue et douloureuse maladie. Tous les membres du comité, tous les adhérents de l’association ainsi que tous les amis de l’art lyrique, déplorent la perte d’un passionné d’opéra et d’opérettes, qui a donné de sa personne pour en faire connaître et aimer à tous et par tous les moyens, leur vaste répertoire. Il en avait été récompensé par l’attribution de la croix de chevalier dans l’ordre des Arts et Lettres. Et sa passion était parallèle à celle de sa profession de directeur d’agence bancaire.

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Daniel Vorms, à droite, en compagnie de Patrick Thil, lors de la conférence de présentation du Voyage à Reims, le 30 mai 2009

Daniel Vorms avait pris goût au théâtre dès ses six ans. Elevé par ses grands-parents dont la seule distraction était de se rendre aux spectacles lyriques du dimanche après-midi, donnés dans cette vénérable institution de la Place de la Comédie, le petit Daniel était fasciné par les décors, les costumes et les mises en scène. Il admirait les changements à vue et faillit être lui-même artiste lyrique. Puis, plus tard, dans les années 1970, il avait remarqué que la fréquentation du théâtre de Metz diminuait. Il rencontra alors Jacques Griesemer, décorateur du théâtre et qui est devenu son ami, qui lui apprit tout de la  magie de la scène. Face à la situation en recul du théâtre, il décida alors de fonder le Cercle Lyrique de Metz. C’était en 1978. Parallèlement, il fut également le délégué régional de l’A.N.A.O.(Académie nationale des amis de l’opérette). Il fallait, disait-il, ramener le public sur le chemin du théâtre, remonter le niveau et faire venir à l’opéra les spectateurs qui n’assistaient plus qu’à l’opérette. C’est ainsi qu’il lança les voyages lyriques qui connaîtront un succès grandissant, à tel point que les amateurs d’opéras, adhérents du C.L.M. dont le chiffre grossissait chaque année, devaient s’inscrire sur des listes d’attente. C’était nouveau et prisé de tous. Puis, Daniel Vorms tissa un réseau relationnel auprès des directeurs de théâtre et des artistes lyriques qui lui permit d’acquérir les meilleures places dans les grandes maisons d’opéras, sans pour autant faire concurrence aux productions de Metz.

UNE ÈRE PROSPÈRE

Puis, le C.L.M. fit venir des groupes de spectateurs d’autres villes. Au bout de quelques années, son président décida d’éditer des programmes que l’on a appelé plaquettes. Le nombre d’adhérents ayant atteint les 500, leurs cotisations permirent de financer plusieurs opérations dont celle autour de l’opéra de Poulenc, « Dialogues des carmélites », avec Régine Crespin, tout en accueillant à Metz quelque trois cents personnes venues de France et de l’étranger. Georges Thill fut lui aussi parmi les artistes prestigieux invités par le C.L.M. Après les voyages ce furent les séjours de plusieurs jours dans les villes ayant les meilleurs théâtres lyriques. Leurs grands moments ? « Turandot » à la Scala de Milan dans les décors de Zeffirelli, « Othello » à l’Opéra Bastille avec Placido Domingo, « Don Carlos » à la Monnaie de Bruxelles, « Aïda » aux Chorégies d’Orange, deux déplacements au Metropolitan Opera de New-York. Daniel Vorms noua également des liens avec Hervé Malblanc, le fondateur du Festival international d’art lyrique de Fénétrange qui permit aux adhérents du C.L.M. d’entendre les plus grandes divas du moment dont Barbara Hendricks, Hildegarde Behrens. Par ailleurs, Daniel Vorms invitait aux conférences organisées par le C.L.M. sur les spectacles d’opéras donnés à Metz, des chanteurs qui les agrémentaient de leurs prestations, et des spécialistes qui les commentaient, dont le célèbre critique Sergio Segalini.

GRAND COLLECTIONNEUR DE DOCUMENTS DE THÉÂTRE

Il était, par ailleurs, un grand collectionneur de documents de théâtre : il possédait  tous les programmes du théâtre de Metz depuis l’après-guerre, ainsi que ceux d’autres théâtres. Il arrivait ainsi au chiffre de 10.000. Il conservait par ailleurs 4.000 ouvrages d’opéras, de même que des documents iconographiques portant sur des décors, des maquettes, des photos d’artistes lyriques qui permettaient d’illustrer les plaquettes rédigées soit par certains membres du comité du C.L.M. ou par des spécialistes extérieurs, dont Robert Pourvoyeur, lequel fut celui qui en écrivit le plus. Jacques Griesemer lui en avait également légués. Daniel Vorms déplorait que l’opérette soit progressivement abandonnée car « c’est une partie du patrimoine français qui disparait », disait-il. Tout en soulignant que c’est grâce à elle que son public est venu à l’opéra. Lorsque le Cercle Lyrique de Metz avait soutenu le Congrès national de l’A.N.A.O. (Académie nationale des Amis de l’Opérette), qui s’est tenu en 1982 au théâtre de Metz et dont il était alors le délégué régional, il en accueillit son président national qui était Gérard Calvi, lequel, déjà, exprimait sa crainte en disant que « le théâtre lyrique léger s’enfonçait dans une lente agonie ». C’est pourquoi Daniel Vorms a toujours souhaité que Metz défende les saisons d’opérettes réclamées par un nombreux public.

Il fut ainsi pendant quinze ans, président du C.L.M. qu’il avait créé, avait ensuite passé la main durant quelques années à Patrick Thil, avant de reprendre les rênes, jusqu’à ce qu’à la fin de l’année 2008, atteint déjà par la maladie, il abandonne sa tâche reprise par son successeur Georges Masson.

Daniel Vorms nous a quittés avec cet espoir de voir prospérer l’art lyrique sur la scène de l’Opéra-Théâtre de Metz qu’il affectionnait tant. Que ses vœux soient exaucés. Tout le comité du Cercle Lyrique de Metz présente à son épouse, Christiane, à ses enfants et à toute sa famille, ses sincères condoléances, et gardera le souvenir d’un homme d’action et de passion qu’il a toujours été.

Georges Masson, Président d'Honneur du C.L.M.